Dans une base tiers, chaque champ pris isolément peut sembler plausible : c'est leur cohérence entre eux, et avec les référentiels officiels, qui fait apparaître les erreurs. Ce contrôle de cohérence est exactement ce que la facturation électronique va exiger de vos données, et ce qu'une direction financière a intérêt à organiser avant l'échéance plutôt que dans l'urgence des premiers rejets.
Ce qu'on contrôle, exactement
Le contrôle de cohérence croise chaque fiche tiers avec le référentiel qui la concerne :
- SIREN / SIRET contre le répertoire SIRENE de l'INSEE : existence, activité, établissement ouvert ;
- raison sociale contre la dénomination officielle déclarée ;
- numéro de TVA contre VIES : clé de contrôle, statut actif du numéro ;
- adresse contre la Base Adresse Nationale : voie existante, code postal et commune cohérents.
À ces rapprochements externes s'ajoutent des contrôles internes de format et de cohérence, comme un IBAN au format valide dont le pays correspond au pays du tiers.
Les incohérences les plus fréquentes
Sur les fichiers que nous analysons, les mêmes familles reviennent :
- Nom divergent : la raison sociale saisie (« Dupont SARL ») ne correspond pas à la dénomination officielle (« Dupont & Fils »). Assez sérieux pour faire douter de l'identité du tiers sur une facture.
- Établissement fermé ou SIRET obsolète : l'entreprise a déménagé ou changé d'établissement siège ; le SIRET historique de la fiche ne route plus nulle part.
- TVA incohérente avec le SIREN : la clé ne correspond pas, ou le numéro est porté par une entité non assujettie.
- Adresse décalée : la commune ne correspond pas au code postal, ou l'adresse de livraison a remplacé l'adresse de facturation.
Chacune de ces anomalies, isolément, semble anecdotique. Agrégées sur un fichier de plusieurs milliers de tiers, elles dessinent le pourcentage de factures qui seront rejetées ou retardées dans le nouveau circuit. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur les erreurs qui bloquent une facture.
La méthode en quatre étapes
- Extraire. Partez de la base réelle : un export à jour du logiciel de gestion, en CSV, Excel ou JSON, avec identifiants et raison sociale. Inutile de nettoyer à la main avant : les défauts de l'export font partie de ce qu'on mesure.
- Contrôler. Rapprochez chaque ligne des référentiels : SIREN et SIRET contre SIRENE, cohérence des numéros de TVA, adresse contre la Base Adresse Nationale.
- Arbitrer. Séparez les corrections sûres (zéro de tête, clé recalculée) des décisions qui vous reviennent : établissement fermé, entreprise cessée, nom divergent. Un contrôle sérieux ne décide pas à votre place : il qualifie.
- Corriger à la source. Réimportez dans votre logiciel de gestion. C'est la seule correction qui compte : la base de référence doit devenir juste, pas une copie annexe.
Mesurer, puis suivre
Un contrôle de cohérence produit un indicateur exploitable : le taux d'anomalies par nature (identité, TVA, adresse) et son évolution dans le temps. C'est ce qui transforme un chantier ponctuel en pilotage : une base qui se dégrade de 1 à 2 % par trimestre demande un contrôle récurrent, pas une grande opération tous les trois ans.
C'est précisément ce que TierSafe automatise : dépôt du fichier, analyse de chaque fiche, premier import offert pour mesurer votre taux de fiches à risque, puis corrections débloquées à la demande. Pour chiffrer l'enjeu avant même de déposer un fichier, notre simulateur estime la part de chiffre d'affaires exposée. Le cadre général est présenté dans notre guide de la réforme.