Dans une base tiers, chaque champ pris isolément peut sembler plausible : c'est leur cohérence entre eux, et avec les référentiels officiels, qui fait apparaître les erreurs. Depuis le 1er septembre 2026, la facturation électronique met ces données à l'épreuve à chaque facture reçue, et à chaque facture émise pour les grandes entreprises et les ETI ; les PME et TPE suivront en septembre 2027. Mieux vaut organiser ce contrôle à froid que dans l'urgence des premiers rejets.

Ce qu'on contrôle, exactement

Le contrôle de cohérence croise chaque fiche tiers avec le référentiel qui la concerne :

  • SIREN / SIRET contre le répertoire SIRENE de l'INSEE : existence, activité, établissement ouvert ;
  • raison sociale contre la dénomination officielle déclarée ;
  • numéro de TVA : clé de contrôle recalculée en local depuis le SIREN, puis statut du numéro auprès de VIES quand il est incertain ;
  • adresse contre la Base Adresse Nationale : voie existante, code postal et commune cohérents.

À ces rapprochements externes s'ajoutent des contrôles internes de format et de cohérence, comme un IBAN au format valide dont le pays correspond au pays du tiers.

Les incohérences les plus fréquentes

Sur les fichiers que nous analysons, les mêmes familles reviennent :

  • Nom divergent : la raison sociale saisie (« Dupont SARL ») ne correspond pas à la dénomination officielle (« Dupont & Fils »). Assez sérieux pour faire douter de l'identité du tiers sur une facture. Avec une réserve : pour un entrepreneur individuel en diffusion partielle, le nom n'est pas public dans SIRENE, et l'écart ne prouve rien.
  • Établissement fermé ou SIRET obsolète : l'entreprise a déménagé ou changé d'établissement siège ; le SIRET historique de la fiche ne route plus nulle part.
  • TVA incohérente avec le SIREN : la clé ne correspond pas, ou un numéro est indiqué pour une entreprise en franchise en base qui n'en a pas.
  • Adresse décalée : la commune ne correspond pas au code postal, ou l'adresse de livraison a remplacé l'adresse de facturation.

Chacune de ces anomalies, isolément, semble anecdotique. Agrégées sur un fichier de plusieurs milliers de tiers, elles dessinent la part de factures qui seront rejetées, refusées ou irrégulières dans le nouveau circuit. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur les erreurs qui bloquent une facture.

La méthode en quatre étapes

  1. Extraire. Partez de la base réelle : un export à jour du logiciel de gestion, en CSV, Excel ou JSON, avec identifiants et raison sociale. Inutile de nettoyer à la main avant : les défauts de l'export font partie de ce qu'on mesure.
  2. Contrôler. Rapprochez chaque ligne des référentiels : SIREN et SIRET contre SIRENE, cohérence des numéros de TVA, adresse contre la Base Adresse Nationale.
  3. Arbitrer. Séparez les corrections sûres (zéro de tête, clé recalculée) des décisions qui vous reviennent : établissement fermé, entreprise cessée, nom divergent. Un contrôle sérieux ne décide pas à votre place : il qualifie.
  4. Corriger à la source. Réimportez dans votre logiciel de gestion. C'est la seule correction qui compte : la base de référence doit devenir juste, pas une copie annexe.

Mesurer, puis suivre

Un contrôle de cohérence produit un indicateur exploitable : le taux d'anomalies par nature (identité, TVA, adresse) et son évolution dans le temps. C'est ce qui transforme un chantier ponctuel en pilotage : une base qui se dégrade en continu, au rythme des créations de tiers, des déménagements et des cessations, demande un contrôle récurrent, pas une grande opération tous les trois ans.

C'est précisément ce que TierSafe automatise, sur un fichier clients ou fournisseurs entier : dépôt du fichier, analyse de chaque fiche, premier import offert pour mesurer votre taux de fiches à risque, puis corrections débloquées à la demande. Pour chiffrer l'enjeu avant même de déposer un fichier, notre simulateur estime la part de chiffre d'affaires exposée. Le cadre général est présenté dans notre guide de la réforme.

Sources officielles